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Ne pas gaspiller : Repenser le centre de données

C’est un monde avec lequel nous interagissons tous les jours. Pourtant, nous ne le visitons jamais en personne.

 

L’infonuagique, où vivent nos courriels, nos photos et nos fils d’actualité, semble être un endroit intangible. Mais, en réalité, il est bien concret. 

 

« Les centres de données représentent le plus important développement d’infrastructures de l’histoire récente », affirme Nollaig Forrest, chef du marketing chez Amrize. « Des infrastructures énergétiques aux usines de puces et d’ordinateurs, en passant par les centres de données eux-mêmes, sans oublier les routes et les carrefours de connectivité qui en assurent le fonctionnement. »

 

L’architecte et professeure à l’Université de l’Illinois à Chicago, Clare Lyster, qualifie l’infonuagique d’espace culturel de notre époque. Pourtant, elle est en grande partie hébergée dans des installations anonymes, loin des personnes qu’elle sert. Cette contradiction entre son importance culturelle et son éloignement physique est au cœur de son exposition présentée à la Biennale d’architecture de Chicago 2025-2026. Farm Park

 

Dans le cadre de notre plus récente collaboration vidéo avec le CAB, nous nous entretenons avec Clare et des experts des domaines de la conception, de la construction et des affaires afin d’explorer comment les centres de données pourraient, dans un scénario hypothétique, enrichir nos vies au-delà de l’infonuagique. 

 

 

Oui, dans ma cour : Les centres de données comme bons voisins

Une maquette d’un centre de données où la chaleur résiduelle est utilisée pour produire des aliments et où les espaces intermédiaires accueillent des activités communautaires. Farm Park, de Clare Lyster, est une maquette de huit pieds sur huit qui vous fait découvrir un centre de données conceptuel où la chaleur résiduelle sert à produire des aliments pour un hôpital et où les espaces intermédiaires sont aménagés pour accueillir des activités communautaires.

Farm Park imagine un centre de données de relève pour le Northwestern Hospital de Chicago où rien n’est gaspillé. La chaleur dégagée par les serveurs réchauffe des bacs de culture intégrés aux murs, permettant de produire des aliments pour la cafétéria. Les espaces aménagés entre les murs du centre de données deviennent des lieux publics consacrés à la natation, au vélo ou à l’agriculture urbaine.

 

Il s’agit d’un centre de données réinventé comme infrastructure civique. Et il s’inspire des leçons du passé. « Pendant très longtemps, nous avons développé les infrastructures comme des systèmes à fonction unique », explique Lyster, en citant le caractère isolant des autoroutes et des chemins de fer comme mise en garde. Sa solution est une conception à double vocation : une infrastructure qui procure des avantages à la société tout en remplissant sa fonction première.

 

Ce n’est pas qu’un concept. En Scandinavie, la chaleur résiduelle sert déjà à chauffer toutes sortes d’installations, des communautés aux piscicultures. Une université technologique de Dublin, en Irlande, est chauffée grâce à la chaleur résiduelle provenant d’un centre de données d’Amazon Web Services situé à proximité. Aux États-Unis, des projets sont en cours afin de jumeler des centres de données à des projets résidentiels pour chauffer les habitations avoisinantes au moyen d’un réseau de chauffage urbain. 

 

 

Les hyperscalers veulent eux aussi construire de meilleurs bâtiments.

Trois chercheurs de Meta, d’Amrize et de l’Université de l’Illinois ayant collaboré à la mise au point d’un béton optimisé par l’IA, une première en son genre. Nishant Garg (Université de l’Illinois à Urbana-Champaign), Mark Bintzler (Amrize) et Julius Kusuma (Meta), partenaires dans la mise au point d’un béton optimisé par l’IA, une première en son genre, pour le centre de données de Meta au Minnesota.
Des représentants de Meta, de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign et d’Amrize reçoivent un prix pour leur béton à plus faible empreinte carbone dans le cadre des Slag Cement Association Awards 2026. Les équipes de Meta, de l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign et d’Amrize reçoivent un prix de la Slag Cement Association dans la catégorie « Lower Carbon Concrete » pour leur percée dans le domaine du béton optimisé par l’IA.

Amrize a constaté l’intérêt des spécialistes en centres de données à très grande échelle pour la construction d’un meilleur centre de données. En partenariat avec Meta et l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign, nous avons développé un mélange de béton optimisé par l’IA unique en son genre avec une empreinte CO₂ nettement inférieure et un rapport vitesse/résistance significativement plus élevé que la norme du marché, réduisant ainsi les jours sur le chantier et l’impact environnemental.

 

« Ce qui est passionnant à propos de cette nouvelle génération d’infrastructures, dit Forrest, c’est qu’elle est dirigée par des entreprises axées sur la technologie. Elle croit en l’innovation. » 

 

 

Un espace culturel que nous pourrions réellement visiter 

Une architecte et professeure regarde l’objectif, avec les lumières de la ville de Chicago scintillant à l’arrière-plan. Le travail de Clare Lyster se situe à la croisée de l’architecture, de l’aménagement du paysage et des infrastructures. En plus d’être professeure à l’École d’architecture de l’UIC, elle dirige une pratique de recherche basée sur le design appelée CLUAA et est l’auteure de plusieurs ouvrages.

En d’autres termes, le centre de données peut apporter des avantages physiques et numériques. C’est là que les architectes comme Lyster croient qu’ils ont un rôle à jouer : ils interviennent dans ces systèmes complexes pour repenser la façon dont ils peuvent travailler au profit des entreprises et de la société. À mesure que notre appétit pour l’IA et l’économie numérique se développe, les centres de données doivent faire de même. Le défi lancé par la Biennale : qu’ils se développent de manière plus intégrée. 

Découvrez-en davantage sur notre partenariat avec la Biennale d’architecture de Chicago